Monokus

Sont regroupés ici mes monokus (haïkus d’un seul vers écrit sur une seule ligne), enfants des dix mille petits chuchotements.

2020

calcification des silences et des matières à penser – étui à brumes.
Le vagabond bleu
avant même que le soleil s'assassine – la tristesse dans un tombeau.
Le vagabond bleu
le toit des étoiles flânant sur les masques à sens – encore un peu.
Le vagabond bleu
c'est là où les mots s'entremurmurent leurs soupirs – carnet d'haïkus et de plus rien.
Le vagabond bleu
sûrement la dernière solitude du fleuve – sûrement la soif des s'en va.
Le vagabond bleu
les beaux esprits des dix mille là semés pour les dix mille raisons – la forêt.
Le vagabond bleu
quand la nuit se prescrit des contours sans chez-soi et des sauterelles sans visage.
Le vagabond bleu
accords drus à contempler dans un esprit sans placard – les cent un dires des vagues.
Le vagabond bleu
un par-là en grand ricochet sur cinquante-deux saisons qui s'impassent et s'enlacent.
Le vagabond bleu
des petits chemins se ouï-dire près de ma hutte – où chuchote le cosmos.
Le vagabond bleu